Le baisser de rideau est tombé sur le premier championnat professionnel de Ligue 1 en Algérie.
Peu ou pas de suspense du tout, puisque concernant l’attribution du titre de champion d’Algérie, l’ASO Chlef a pratiquement fait cavalier seul, comme rarement un club ne l’a fait dans cette compétition. Il faut d’ailleurs rendre hommage au club chélifien qui a eu un parcours d’un beau champion, terminant l’exercice avec un total de 63 points. La particularité de l’ASO est qu’elle a tellement dominé le championnat qu’elle a terminé avec 13 points d’avance sur le second, la JSM Béjaïa. Un seul club a fait mieux que celui du Chéliff depuis la création du championnat national en 1964. Il s’agit de la JS Kabylie (à l’époque, elle s’appelait JE Tizi Ouzou) qui, à la fin de la saison 1985-1986, avait terminé première avec un total de 98 points et une avance de 18 points sur le second qui était l’Entente de Sétif. Il est vrai qu’à l’époque c’était une compétition à 20 clubs. Une autre équipe a fait autant que l’ASO, à savoir l’USM Alger, laquelle, en 2004-2005, dans un championnat à 16 clubs, avait fini avec un avantage de 13 points sur le deuxième qui était la JS Kabylie.

La 9e formation avec un titre de champion
Toujours est-il que l’ASO Chlef entre dans un classement où il y avait déjà 14
champions d’Algérie. Elle rejoint l’USM El Harrach, l’US Chaouia, le NA Hussein Dey, le CS Constantine, le MO Constantine, le RC Kouba, Hamra Annaba et le GC Mascara, qui ont tous remporté une seule fois ce titre. Ce groupe est distancé par un peloton qui comprend l’ES Sétif et le MC Oran, avec 4 titres chacun, l’USM Alger avec 5 titres, le CR Belouizdad avec 6 titres, le MC Alger avec 7 titres, et bien entendu la JS Kabylie, loin devant, avec 14 titres.

240 matches pour 140 victoires à domicile, 68 matches nuls et 32 victoires à l’extérieur
Le championnat qui vient de s’achever fait ressortir un total de 240 matches qui ont été disputés, et au cours desquels le nombre de victoires à domicile a été de 140, celui des matches nuls de 68, alors que celui des victoires à l’extérieur a été de 32.

Un total de 514 buts inscrits
Pour le nombre de buts inscrits, les 16 clubs en ont inscrit 514 en 240 matches, soit la moyenne honnête de 2,14 buts par rencontre. C’est, bien sûr, à domicile que ces clubs ont été les plus efficaces, avec 348 buts en 120 matches (2,9 buts par match en moyenne), alors qu’à l’extérieur ils ont inscrit 166 buts en 120 matches (1,38 but de moyenne).

Chleff, un bel exemple de régularité
C’est dans la régularité qu’un titre de champion se construit, a-t-on l’habitude de dire. Régulière, l’ASO en a été un très bel exemple puisqu’en 30 matches elle a remporté 19 victoires, fait 6 fois match nul et perdu seulement 5 rencontres. Après avoir perdu son premier match de la saison sur un score très lourd (4-1) à Béjaïa, le club chélifien avait amorcé un très net redressement, qui l’avait vite placé dans le sillage des premiers. Il a accédé à la première place à la 13e journée, et ne l’a plus quittée, ce qui démontre qu’il s’agit d’une équipe parfaitement huilée. Et surtout bien équilibrée entre ses lignes, l’ASO achevant la compétition avec la meilleure attaque du championnat (51 buts inscrits) et la meilleure défense (20 buts encaissés).

Soudani, un canonnier aux 18 buts
Si on ajoute le fait que c’est dans ses rangs qu’évolue le meilleur buteur du
championnat, Hillal Soudani (18 buts), le club chélifien peut vraiment se dire qu’il a dominé cette compétition de la tête et des épaules. Ce ne sont pas ses poursuivants qui pourront dire le contraire, eux qui ont essayé de suivre son rythme mais qui n’y sont jamais parvenus.

On pense surtout au CR Belouizdad qui, à un certain moment, alignait les victoires dont une exceptionnelle face à la JS Kabylie sur le score de 7 buts à 1, mais qui en fin de parcours a connu une incroyable baisse de régime, notamment après avoir perdu le match au sommet contre l’ASO. Une semaine plus tard, le Chabab était parvenu à battre, au stade 20 Août, l’USM Annaba mais la suite fut nettement moins brillante avec aucun succès lors des 5 derniers matches (4 défaites et 1 nul). L’affaissement du CRB a fait les affaires de la JSM Béjaïa, une équipe aux résultats en dents de scie mais qui n’en a pas moins terminé la compétition en trombe, jusqu’à obtenir une seconde place et un titre de vice-champion d’Algérie parfaitement mérités. Dans la lignée du CRB, on songe à l’USM El Harrach, qui avait en main cette seconde place lors de l’avant-dernière journée quand elle menait au score à Oran, mais le temps additionnel lui avait été fatal, le MCO parvenant à égaliser. Les Harrachis qui aspiraient à terminer troisièmes par la suite ont connu un invraisemblable fléchissement lors de la dernière journée, en se faisant accrocher à domicile par le MC El Eulma. Le double échec du CRB et de l’USMH a bénéficié à l’ES Sétif, dont on pensait qu’elle avait complètement raté sa saison. A la faveur de son ultime succès sur le Chabab, l’Entente a, tout même, accroché la 3e place et par là même la qualification à la coupe de la CAF. Il n’en reste pas moins que le club sétifien est passé à côté de son sujet, lui qui misait sur un maximum de titres en début de saison. Et il avait mis gros sur la balance étant, une nouvelle fois, le club qui avait le plus investi en termes de recrutements. Tout cet argent pour si peu de choses, il y a de quoi susciter d’énormes regrets du côté de Sétif.

JSK , l’ESS et le MCA retiennent mal les leçons
Cette référence à l’ESS ouvre le volet des déceptions du championnat qui vient de s’achever, parmi lesquelles on trouve, une fois n’est pas coutume, la JS Kabylie. Le fait que ce club ait lutté pour son maintien en Ligue 1 jusqu’à l’ultime journée de la compétition prouve bien qu’il n’était plus le même. Bien sûr, il y a eu la victoire en finale de la coupe d’Algérie, mais peut-elle faire oublier le parcours chaotique du club des Canaris en championnat ? Absolument pas. La JSK a énormément déçu ses supporters et s’est une nouvelle fois illustrée en mal, en faisant porter le chapeau à son entraîneur. Comme à son habitude, le club de la Kabylie s’est distingué par une boulimie en matière de techniciens. Cette saison, elle en est à son 3e, avec Geiger au départ, qui a été suivi par Belhout, avant que Saïb n’arrive. L’autre club à être passé à côté de son sujet n’est autre que le MC Alger, qui a longtemps stressé ses

supporters pour avoir joué dans le bas du tableau, où il n’était question que de lutte pour le maintien. Pourquoi le MCA a-t-il déçu, nous direz-vous ? Tout simplement parce que nous avons affaire au champion de l’année passée. A ce titre, on pouvait s’attendre à nettement mieux de sa part, mais comme il s’agit d’un club où on ne sait plus qui est le véritable président, ni qui sont les vrais dirigeants, il est logique qu’il se soit confiné à jouer avec les nerfs de ses fans.

Du reste, le MCA a congédié en milieu de saison l’entraîneur qui l’avait mené au titre de champion, à savoir Alain Michel, pour le remplacer par Zekri. Dans ce domaine, il a fait moins que certains clubs puisque l’Entente de Sétif a usé trois entraîneurs (Solinas, Dellacasa et Hadj Mansour), avant de nommer Abacène en fin de saison ; le CABBA a utilisé trois coaches (Mouassa, Belkacem et Zekri), l’USM Blida en fait autant (Assas, Iaiche et Ifitcène), tout comme la JSK (Geiger, Belhout et Saïb), l’AS Khroub (Tebib, Djelloul et Bougherara) et le MC El Eulma (Malek, Bira et Lasgar). Ils sont trois à n’avoir jamais changé d’entraîneur, en l’occurrence l’ASO Chlef avec Ighil, l’USMH avec Charef, et le CRB avec Gamondi.

La dure réalité du purgatoire pour l’USMB, le CABBA et l’USMAn
On terminera ce bilan avec les trois recalés du championnat que sont l’USM Blida, le CA Bordj Bou Arréridj et l’USM Annaba. On remarquera que ce sont les représentants de trois grandes villes qui disposent de moyens conformes à la pratique du professionnalisme.
Leur échec est celui du football algérien qui est toujours à la recherche d’un souffle nouveau. Il contraste, en tout cas, avec la réussite d’un club comme l’ASO Chlef, qui doit certainement avoir moins de moyens qu’eux.
Mais il est vrai que nous avons affaire à trois clubs habitués à lutter pour leur maintien. Le couperet devait fatalement tomber un jour. En Ligue 2, ils auront tout le loisir de se refaire une santé, sauf s’ils restent dans les travers qui ont été les leurs ces dernières années.


 

 
 
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