|
64
ans, c’est le temps qu’a
pris l’ASO pour obtenir enfin ce titre de champion
d’Algérie. Pourtant, l’ex-Orléans ville n’a jamais
manqué de talents. Que de grand joueurs ont vêtu ce
fameux maillot rouge et blanc, mais le sacre n’est
jamais venu. Pour diverses raisons. Mais comme nul n’est
prophète en son pays, il a fallu attendre l’arrivée d’un
ex-judoka à la tête de l’ASO pour voir enfin ce club
flirter avec l’élite et bousculer la hiérarchie pré
établie.
Depuis son intronisation à
la tête de ce club, Abdelkrim Medouar a donné une
nouvelle dimension à la formation chélifienne. Sa devise
: laisser les gens travailler et leur offrir l’outil de
travail. Au coach, il a donné la liberté d’action, aux
joueurs, il a offert la sérénité, la confiance et
l’envie de vaincre et d’aller de l’avant. Après les
années d’«apprentissage» en D1, un apprentissage qui a
permis à l’équipe de gouter aux charmes de Dame coupe et
de ne jamais quitter le top 5 du championnat, l’ASO a
compris cette année qu’il fallait mettre une dose
d’expérience pour aller chercher ce titre de champion
longtemps rêvé par le tout Chlef. Meziane Ighil s’est
avéré être la meilleure recrue du club. Ce coach réputé
pour son professionnalisme et sa connaissance affirmée
de la chose footballistique a permis à Chlef de devenir
CHAMPION d’ALGERIE
IGHIL L’empreinte de la
competence
En atterrissant à l’ASO,
l’ex-sélectionneur national n’avait jamais imaginé que
son équipe terminera au dessus du lot. Faisant du
travail, de la sérénité et de la rigueur ses chevaux de
bataille, l’enfant d’Hussein Dey l’a vite fait savoir à
ses poulains. Entouré d’un staff technique des plus
compétents et dont il ne cesse de louer les compétences,
Ighil a d’abord entamé son travail par présenter sa
ligne de conduite à ses poulains, histoire de bien se
tenir et d’éviter tout dépassement, lui qui avait un
tableau bien brossé de la situation qui prévalait avant
son arrivée où la débandade commençait à prendre le
dessus dans le groupe. Promettant de faire de son mieux
et de n’aligner que les meilleurs, voire les plus
disponibles sur tous les plans, Ighil a présenté une
équipe conquérante, lui qui déclarait qu’il connaissait
certains des éléments formant le groupe pour les avoir
suivis auparavant. Peu bavard, il ne cessait de
prodiguer des conseils à ses joueurs qui trouvaient en
lui une véritable source de motivation. Ses assistants
que sont Aït-Mohamed, Benchouia et Hadj-Youcef ont joué
un rôle prépondérant dans la prestation des joueurs, eux
qui ne manquent pas de cognition dans le domaine, comme
il aime si bien le confirmer. Préférant la sérénité,
Ighil a choisi l’ASO pour la tranquillité de son
entourage dont il ne cesse de louer l’apport tout au
long de la saison. En plus de ses qualités de technicien
hors-pair et de battant, Ighil ne cesse de rendre
hommage à l’ASO dont il reconnaît, ne serait-ce
qu’intérieurement, qu’elle lui a porté chance. Nullement
ingrat, l’ex-journaliste de la Chaîne III sait faire
dans la reconnaissance et promet de donner une autre
dimension au club dans le cas où il continuerait sa
mission, chose que tout Chélifien souhaite. Grandeur de
l’âme quand tu nous tiens
Le leader Zaoui, le
lieutenant d’Ighil
Véritable meneur d’hommes,
ce gagneur a tout fait pour inculquer ses qualités aux
plus jeunes. Après le départ de Abbou à la retraite,
l’enfant de Aïn-Boucif a hérité d’une lourde
responsabilité. Ayant été le père spirituel de Cheklam
par le passé, Zaoui le devient pour Kheireddine Selama
qui le respecte énormément. On a souvent vu Samir
gronder Mellouli en début de saison mais, au fil des
journées, l’entente s’est remarquablement installée
entre les deux hommes. Son sens de l’humour, conjugué à
celui de la responsabilité, a créé un sentiment de
paternité sur le groupe qui n’a de cesse évoqué sa
bonté. Constatant son importance dans le groupe et
surtout sa place, Ighil a réussi à en faire son
lieutenant sur le terrain tout en lui délimitant ses
prérogatives comme cela s’est passé dans un match où il
l’a exhorté à garder son poste sans faire de bruit non
sans le consentement du capitaine courage de l’ASO qui
a brillé par quelques gestes d’humilité dans sa carrière
comme celui d’avoir cédé le brassard de capitaine à son
coéquipier Abbou lors de la finale de la Coupe d’Algérie
gagnée par l’ASO, et ce, pour que le doyen de l’équipe
d’alors, Ali Abbou, brandisse le trophée. Ce geste
restera à jamais gravé dans les mémoires des Chélifiens
qui ne l’oublieront pas de sitôt
Amalgame Un effectif
riche, riche, riche
La
direction du club chélifien a réussi le meilleur
recrutement de la saison par rapport aux saisons
précédentes puisque Medouar a, tout en conservant
l’ossature de l’équipe, Zaoui, Zaouche, Messaoud et
Soudani, quatre éléments jouant dans l’axe du terrain, a
ramené des joueurs de valeur qui ont apporté un plus
considérable de par leur expérience et surtout leurs
qualités et leur professionnalisme. Les joueurs, dont
d’ex-internationaux, Senouci, Zazou, Mellouli, Abdeslem,
Djediat et Seguer, ainsi que Ghalem, ajoutés au quatuor
cité plus haut, ont été la force de frappe de l’ASO.
D’autres joueurs, même en ayant perdu leur place de
titulaire, avaient des atouts à faire valoir. Il s’agit
de Mekkioui, Ali-Hadji, Bentoucha, Mohamed-Rabah, Gherbi,
Selama, Biaga et Kouadri. Cette osmose à partir d’une
concurrence des plus loyales sans jamais rechigner au
travail a motivé les habituels cadres pour accentuer
leur besogne. L’avenir a toujours été un point important
dans la vie du club dont la stratégie de la formation a
été son dada dès son retour parmi l’élite. Les lionceaux
que sont Mamar-Youcef, Bentayeb, Aït Tahar, Nasri,
Benhani et Meddah sont les joueurs de demain. Un
effectif dont la solidarité est la première qualité
étant donné que, même en tant que remplaçants ou non
convoqués du tout, on les a vus souvent gesticuler de
toutes leurs forces pour une action. Une solidarité qui
naquit lors des stages et regroupements, ce qui donna un
esprit de famille à un groupe mûr.
Ouahab, un SG
à tout faire
S’il
y a un membre de la direction auquel il faut rendre
hommage, c’est bel et bien le SG du club, Mohamed Ouahab,
qui est de toutes les aventures de l’ASO, et ce,
depuis 1990, soit bien avant l’avènement de Medouar.
Ayant été parmi les fondateurs du club de Chettia, le
NRBC, dont il était le SG, Ouahab a été ramené à l’ASO
par Djamel Hachemi, un technicien hors pair qui a rendu
de grands services au mouvement sportif dans la région
du grand Chéliff. S’occupant des affaires
administratives des jeunes, Ouahab a été nommé SG de
l’équipe fanion par Me Bennegoôuche qui était président
du club d’alors. Actuellement âgé de 45 ans et père de
quatre enfants, dont une fille, cet ancien professeur de
sciences physiques a fait du chemin puisqu’il a
travaillé sous la coupe de différents présidents, dont
Ould-Larbi, feu Bensaâda, Bennourane et, enfin, Medouar
qui l’a trouvé en poste. Au parfum de tout ce qui se
passe au club et effectuant un travail de fourmi, Ouahab
a toujours été ce serviable administrateur de premier
ordre au point où l’entourage du club ne peut jamais
imaginer l’ASO sans lui tant il est intègre. Timide,
sa tenue a toujours été exemplaire surtout dans son
bureau où il ne manque jamais d’afficher le sourire pour
ses visiteurs. Ouahab est un accro de l’ASO où, parfois,
il ne peut voir tout un match étant fragile aux chocs
des défaites. Sa bonhomie a même poussé des joueurs à
rempiler, lui qui a toujours été là où on l’attendait le
moins et effectuant même de la besogne à la place
d’autres. Quand il est à l’étranger, le premier
responsable du club, Medouar, lui lègue toujours les
pleins pouvoirs dont Ouahab s’acquitte avec brio. C’est
dire que la complicité ente les deux hommes est
remarquable mais non sans le respect mutuel qui a
toujours marqué les relations des deux hommes.
A.B
|